Môrianne, journal indépendant de Frôce

Journal centriste dans le RPG "République Frôceuse"

13 mai 2008

Gouvernement Daniel Gallon I : Le Rouge et... les Bleus!

Nous connaissons désormais le nom de notre nouveau Premier ministre, et à notre grande surprise, c'est Daniel Gallon qui aura la difficile tâche de diriger notre gouvernement. Après des rapides négociations avec le Président de la République, il a aujourd'hui présenté son gouvernement pour le moins hétéroclite, dont le MoDem s'est cette fois-ci désolidarisé. Seulement, quelle opposition y aura-t-il à cette équipe rose et bleue?

Une nomination surprenante

Revenons tout d'abord sur la décision de Yohann de nommer Daniel Gallon à la tête du gouvernement. Nous sommes nombreux à convenir qu'il ne lui était pas nécessaire d'aller aussi à gauche, puisqu'il écarte encore plus la proximité idéologique des acteurs du duopole exécutif. Nous réaffirmons notre entière sympathie pour l'homme, mais notre confiance aura plus de mal à venir.
D'autres personnalités étaient pourtant pleinement disponibles pour diriger une équipe plus conventionnelle. Hacarlesta a mené sa liste à la victoire, et son expérience n'est guère à remettre en cause. Becky Libre était de son côté la favorite des sondés, de par sa popularité et sa capacité à séduire tout le monde.
Mais Daniel Gallon avait plusieurs raisons d'être disqualifié. Tout d'abord, son positionnement, bien trop éloigné de la tendance de l'Assemblée Nationale et du peuple frôceux. Ensuite, le fait qu'il soit candidat d'ores et déjà déclaré à la prochaine élection présidentielle, qui aurait dû justifier qu'il se concentrât principalement sur sa campagne, pour ne pas laisser aux citoyens le loisir de constater de la négligeance de la part du Premier ministre, trop occupé à viser la maison au-dessus. Enfin, son incapacité à représenter un gouvernement tel que celui qu'il a conçu aurait fait reculer plus téméraire que Yohann.
Dangereuse naïveté, réel consensus ou bien simple calcul stratégique? L'avenir nous le dira (ou pas, car rien ne dit que la stratégie est bonne).

Le grand écart gouvernemental

On nous parle régulièrement de l'ouverture. Ce n'est, en soi, pas une mauvaise chose. Mais là, le problème est bien différent : nous avons un gouvernement plus à gauche que tous ceux que nous avons eus précédemment, et pourtant, nous pouvons y entrevoir le président de l'UMP et possible candidat de la droite à la prochaine élection présidentielle, et une autre influente cadre de l'UMP, tous deux ministres du gouvernement sortant.
Certains nous disent qu'il s'agit là du fruit de pressions de la part du Président. Supposons, mais lors d'une cohabitation, le Premier ministre a en général l'avantage. Donc, s'il n'avait pas voulu nommer ces deux personnes-là, il n'avait pas à le faire, et il est inutile de pleurnicher après coup.
Fait exceptionnel, le MoDem ne compte cette fois-ci aucun ministre dans le gouvernement. Une raison à cela? Elle est pourtant facile à voir : le Premier ministre n'est pas celui qui était attendu, et semble incompatible avec l'idéologie du parti centriste ; le MoDem, conjointement avec l'UMP, a perdu les élections législatives ; la gauche possède une majorité absolue à l'Assemblée Nationale, et n'a théoriquement pas besoin de venir piocher ailleurs, sauf s'il s'agit d'aborder un thème très précis, auquel cas elle pourrait tirer partie de la participation d'un autre courant politique. En toute logique, cette situation devrait perdurer jusqu'à l'aboutissement de ce gouvernement.
Il semble donc que cette fois-ci, c'est la droite qu'on pourrait accuser de "bouffer à tous les râteliers". Droite qui n'aurait d'ailleurs jamais pu gouverner sans le soutien du centre. En réalité, ne serait-ce pas elle qui aurait trouvé sa place au côté des centristes pour agir plus librement ces deux derniers mois?

Quelle opposition?

Maintenant, la question est posée : avec ce gouvernement alliant gauche de la gauche et droite sarkozyste, quelle opposition devons-nous voir au sein de l'Assemblée Nationale? Nous ne savons pas encore ce que fera l'UMP elle-même, visiblement désemparée de voir son président participer à cette mascarade. Ce qui est certain, c'est que les centristes démocrates auront beaucoup de difficulté à soutenir cette caricature de république, et l'opposition à tout cela sera très probablement orange.
Ne nous leurrons pas : l'idée n'est pas de bloquer catégoriquement tout ce que proposera le gouvernement. Les démocrates continueront sans aucun doute à voter en leur âme et conscience, selon ce qui est bon pour la Frôce ou non. Mais il s'agit là des pratiques qui sont dénoncées, qui nous semblent nuire à nos institutions. Que se passera-t-il lors de la prochaine élection présidentielle? Daniel Gallon sera-t-il le candidat unique de la gauche et de l'UMP? Prendra-t-il Nicodbdr comme Premier ministre? Si personne n'est là pour s'y opposer, alors la République Frôceuse n'aura plus qu'à changer de nom, cédant à l'oligarchie de ceux qui font front contre le peuple.
Pas de méprise, néanmoins, nous ne demandons pas la démission de Daniel Gallon. Le Président a décidé de le nommer, il mérite donc sa place. Ce que nous voulons, c'est que le gouvernement représente une réelle vision de la société, et non pas un cabinet de calculs politiciens.
Ce qui se déroule en Frôce est peut-être annonciateur d'une profonde crise du politique, car lorsque les partis dits "majoritaires" ne sont plus capables de se distinguer l'un de l'autre, les électeurs se réfugient dans l'extrémisme. Sauf si la modération sait convaincre, et c'est ce que nous comptons faire.

Vive la République, Vive la Frôce.
Mais pas celle-ci.

Posté par Dark Jin à 00:16 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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